La bataille fût et demeure rude entre partisans du tout biologique et neuronal et les artisans du tout psychique.

Sigmund Freud, neurologue

Je rappelle que l'initiateur de la psychanalyse, Sigmond Freud, était neurologue et qu'il a pensé dès le début de son approche, en 1895, après avoir suivi le découverte de la synapse par Charles Sherrington, harmoniser le fonctionnement du système nerveux et du cerveau avec le fonctionnement d'une vision éthérée par des concepts flous « âme, esprit », ceux qui se sont ensuite déposés dans le chaudron du « Psychisme ».

Psychisme et biologie, la marche en avant

Avec peu de résultats scientifiquement opposables, mais une porte était désormais ouverte sur le regard porté par l'Homme sur lui-même et sur son propre fonctionnement, porte déjà entr'ouverte par la philosophie de Spinoza au XVIIè siècle, semi ouverture bloquée par les religions.

Débuts de la Psychanalyse

Pour mieux comprendre et aider à certaines pathologies, Freud a tenté d'établir un système imaginé sur le fonctionnement d'un psychisme, de l'âme, en proposant notamment un, des, fonctionnements inconscients et conscients de ce psychisme. Au début du XXè siècle les maigres connaissances biologiques tirées de philosophies médicales et résultantes d'expérimentations empiriques, les spéculations sur le système nerveux, sur le  fonctionnement du cerveau, cette ambigiïté persistante du système causal de Descartes, l'absence d'une technologie qui aurait pu aider, ont conduit Freud et d'autres à rester ancrés sur des hypothèses que ces chercheurs ont tenté d'appliquer à leurs patients. Ils sont passés de la théorie psychique à la pratique, et ont privilégié une sémantique conceptuelle personnalisée comme étendard d'une réalité. Les traductions linguistiques ne les ont qu'imparfaitement rendu compréhensibles. La psychanalyse était née, avec ses topiques.

Psychanalyse, neurosciences, philosophie : les branches et les racines

D'autres psychothérapeutes, d'autres neurologues, plus ou moins proches de Freud, en s'inspirant de ses travaux avec des interprétations hasardeuses, ont éloigné un peu plus un rapport possible de la psychanalyse et de la biologie. Puis, la psychanalyse s'est parée d'un survêtement philosophique et nombre de psychanalystes ont écarté et écartent encore l'idée de pouvoir ou de vouloir intervenir sur des patients « psychiquement malades », les « cas-limites ». Certains psychanalystes se sont constitués en cénacles d'érudits, plaçant même certains états psychotiques au niveau des philosophies, la paranoïa, par exemple. Du côté biologique, au fur et à mesure des découvertes biologiques et neuronales et de la progression des neurosciences, les scientifiques ont voulu balayer toute réalité psychique et ont livré à la psychiatrie les interventions sur le psychisme par rectification médicamenteuse. Les découvertes biologiques, parfois subjectives et sujettes à des interprétations hypothétiques, proposées aux psychanalystes, et les fonctionnements psychiques scientifiquement non prouvés hors les résultats cliniques relevés, proposés au neuroscientistes, ont écarté toute réflexion et tout dialogue. L'appartenance à une caste reconnue relève de l'endogamie entrave la progression par une osmose des connaissances et de leurs applications. En France la dialectique est restée stérile, on s'arc-boute sur une épistémologie scientiste, dans le monde anglosaxon, l'épistémologie autorise la dialectique des deux courants.  La sphère anglo-saxonne s'est plutôt tenue à l'écart de ces orientations « tout-tout » et la Neuropsychoanalyse est une méthode analytique reconnue. En France les absolutistes devront discuter l'un avec l'autre de l'épigénétique et de la résilience, par exemple, en faisant les constats qu'il se doit.

L'attention de la psychanalyse et des neurosciences devient peu à peu réciproque

La Psychanalyse traite les informations délivrées consciemment et inconsciemment par les patients.

Les neurosciences traitent ces mêmes informations.

La psychanalyse ne peut ignorer le rapport étroit qui existe entre les structures et le fonctionnement du système nerveux et du cerveau, et le fonctionnement psychique de l'être humain. Les neurosciences ont tout intérêt à intégrer le questionnement psychanalitique dans leurs démarches.

On trouve là la méthodologie de la Neuropsychanalyse.

Je citerai dans un article à venir les différents acteurs de cette confrontation, mais je veux simplement rappeler ce qu'en dit l'International Neuropsychoanalysis Society.

« Neuropsychoanalysis is interested in the neurobiological underpinnings of how we act, think, and feel.   As we begin to link brain activity with a psychoanalytic model of the mind, even at the deepest levels,  a truly dynamic understanding can emerge.
La Neuropsychanalyse est intéressée par les fondements neurobiologiques de la façon dont nous agissons, pensons et ressentons. Une compréhension dynamique émerge lorsque nous relions l'activité cérébrale avec un modèle psychanalytique de l'esprit jusqu'aux niveaux les plus profonds »

Guy Fourcroÿ


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