Guérison et Blessures

Neuropsychanalyse

Quand on pense guérison, on pense maladie ou blessure. Définissons une blessure. C'est une lésion, lorsqu'elle est physique, on peut souvent la soigner, la guérir, en guérir. Une blessure externe peut parfois se guérir seule - cicatrisation par exemple - ou à l'aide de traitements spécifiques et de produits médicaux prescrits. Si ces lésions, musculaires, cérébrales sont internes et d'accès difficile, si elles sont trop petites pour être décelées, elles deviennent permanentes. Elles peuvent se guérir seules, selon les types de lésion, selon les endroits du corps où elles se trouvent ou selon les organes touchés - auto cicatrisation, calcification - ou ne jamais guérir et faire naître à terme d'autres pathologies. Je donnerai comme exemple l'arthrose des sportifs ou des fibroses. La plupart des lésions cérébrales parfois microscopiques nées des coups reçus, sportifs, enfants et femmes battus, accidents, guerres, attentats, catastrophes naturelles...sont des traumatismes qui génèrent des dysfonctionnements psychiques qui ne se guérissent pas.

Guérison et Maladies

Maladie est un terme générique qui, en Français, recouvre un ensemble de troubles psysiologiques ou psychiques. On parle en français de maladies physiologiques et de maladies psychiques. En anglais la maladie d'ordre physiologique est appelée « Disease », en allemand « Krankheit » , la maladie psychique « Disorder », trouble, en allemand « Disorder », trouble. On peut guérir une maladie physiologique, virale, microbienne...si le traitement existe, on peut stabiliser une maladie physiologique grave, en diminuer les symptômes et les effets dans la vie quotidienne du patient, Disease, Krankheit. Les maladies relevant des mutations génétiques, des pertes neurodégénératives, des agressions externes venant de la pollution par exemple sont rarement guéries, elles sont plus souvent stabilisées. Le nom du trouble est quelquefois un éponyme, Alzheimer, Parkinson, Lewy. En anglais et en allemand on dit « Disorder », trouble. On ne guérit pas -encore- ces troubles. La médecine, empêtrée entre psychiatrie et intervention conventionnelle, les stabilise, les accompagne. Il en va de même pour les troubles psychotiques dissociatifs comme la schizoprénie, l'état bipolaire, ou des troubles comme le Stress Post Traumatique, des troubles de la personnalité, de l'humeur...

Guérison, Maladies et ...confusion

Quelques mots et quelques rappels. Imhoptep, fondateur de la médecine égyptienne, plus de 2000 ans BC auteur d'un traité médical. On a retrouvé dans le papyrus Eber, du nom de son découvreur, des observations anatomiques précises, des examens physiologiques, des diagnostics, des traitements pour les blessures et des prévisions pour les cas de pronostic vital engagé. On y trouve une liste impressionnante de maladies et de troubles psychiques, de décifits comme le déficit attentionnel et de la concentration, des troubles de l'hystérie, de la mélancolie. Des traitements sont prescrits, des potions biologiques, des drogues hallucinogènes, le tout accompagné d'incantions magiques et de formules magiques. Ici était entrée pour nous, hommes du XXIè siècle, la confusion. On peut analyser ceci d'un autre point de vue et dire qu'à l'époque d'Imhotep les traitements sont accompagnés et rendus efficaces par la force du Ba, du Akh, du Ka dans une société où la croyance dans le « grand retour » est très forte.

Guérir par la neuropsychanalyse Paris

N'était-ce pas une approche psychique âgée de plus de 3000 ans ? La guérison du corps s'accompagne donc de celle de l'esprit ou de l'âme selon l'approche de chacun. Plus tard, Platon écrira : « Les mots du corps sont les mots de l'âme ainsi on ne doit pas chercher à guérir le corps sans chercher à guérir l'âme ». Les Grecs, dans les salles d'incubation accompagneront les soins des blessures et des maladies de l'analyse des rêves des patients. Ce qui nous apparaît aujourd'hui comme confusion est un lien insécable entre le corps et l'esprit, ou âme avec lequel ces anciens ont permis à nos civilisations de parvenir.

Guérison et Neuropsychanalyse

Il est indéniable que la psychanalyse, la neuropsychanalyse ne peut prétendre guérir. Nous devons rapidement informer le patient qui vient à nous avec cette idée, légitime, de guérir, que nous ne lui proposons pas une guérison, mais plus que cela, une connaissance profonde des origines de ses troubles afin qu'il puisse en faire des éléments constructifs d'une personnalité avec laquelle il va pouvoir affronter les obstacles qui se présenteront à lui. Lors de l'entretien d'évaluation, si le patient relève d'une pathologie psychique ou neuropsychique déclarée, le neuropsychanalyste devra bien confimer à son patient qu'il agira de concert avec les éventuelles recommandations psychiatriques, si tel est le cas, afin d'accompagner les soins psychiatriques d'une cure analytique. Je considère en effet que cette maladie déclarée ou trouble relève d'une néguentropie dans laquelle ma participation de neuropsychanalyste joue un rôle important. Le processus analytique de la cure interdit de modifier un traitement prescrit par un spécialiste, de réorienter le patient vers d'autres thérapies, ni bien sûr d'avoir l'idée même de le guérir de ses troubles dissociatifs par exemple. L'analyse conduira le patient, au fur et à mesure du déroulement de l'analyse, à reconnaître les symptômes idiosyncratiques de sa maladie, de les dissocier d'avec les symtômes présentés par ses névroses ou autres troubles psychiques qui se révèleraient lors des séances, elle le conduira également à comprendre sa souffrance, à la maîtriser et à lui faire retrouver une personnalité qui fera face aux obstacles qu'il rencontrera. J'ai rencontré, lors de mes consultations, parmi mes patients, quelques très rares cas de synesthésie, deux cas, ce sont des troubles permanents dans lesquels le patient qui utilise un des cinq sens dans sa vie quotidienne, répond à ce stimulus par une interprétation cognitive sans rapport avec le stimulus. Je me suis posé  lors de la première consultation du premier patient atteint de ce trouble, la question de savoir quelle association de mots pourrait aider dans l'analyse. Je me suis immédiatement refusé à intervenir dans un trouble incontrôlable que je ne pouvais ni guérir ni même  en saisir les liaisons internes. J'ai poursuivi l'analyse en augmentant ma vigilance, c'est un des rôles de la neuropsychanalyse, et à ne pas associer ce qui ne devait pas l'être.
Je conclurai par une image, cette courte réflexion sur la guérison, en citant Jung dans son approche de la guérison des névroses : « Ce que le malade doit apprendre, ce n'est pas comment on se débarasse de sa névrose, mais comment on l'assume et la supporte ». C'est là que se situe l'étape de guérison qui n'est pas un « gommage » à l'instar de la guérison d'une maladie, Disease, mais un redressement qui fait de l'ennemi « névrose », l'ami « névrose » et avec laquelle le patient effectue non un « coping » mais une résilience.

Guy Fourcroÿ, neuropsychanalyste


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